09 December 2021

Sécurité, démocratie, complexité : deux séminaires de philosophie des techniques au laboratoire ETIS

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Les technologies sécuritaires mettent-elles en danger la démocratie ? L'accroissement des connaissances rend-il le monde plus complexe ? Deux questions qui résonnent avec l'actualité, et feront l'objet de deux séminaires-débats avec Giovanni Leghissa, philosophe (Università di Torino), chercheur invité du laboratoire ETIS. RDV jeudi 9/12 à 13h30 et vendredi 10/12 à 12h au Curium de l'ENSEA.

Ces deux séminaires ont vocation à être accessibles à un public universitaire non-spécialiste.

Lieu : Amphithéâtre Curium, site ETIS de l’ENSEA (localisation)

Langue : français.

Liens Zoom :

Jeudi 13h30 :

https://us02web.zoom.us/j/85342525699?pwd=MDI0YlR1MVFsMDhKbUl2bUhZeFZ0QT09

Meeting ID: 853 4252 5699         Passcode: 7vZFdP

Vendredi 12h :

https://us02web.zoom.us/j/87329092199?pwd=bHRTckdEdy9yWGd2UkhNOWI5SlRuQT09

Meeting ID: 873 2909 2199          Passcode: 9nptKt

Résumés des exposés

Jeudi 13h30-14h30 : Systèmes sécuritaires et destin de la démocratie

A partir du tournant néolithique, Homo Sapiens offre sa liberté en échange de sécurité. Ce qui est nouveau, depuis le tournant numérique des dernières décennies, c’est le degré de contrôle exercé par les dispositifs sécuritaires qui gouvernent les sociétés contemporaines, tant dans les régimes démocratiques que dans les régimes totalitaires ou autoritaires. La question qu’il faut donc articuler est celle-ci : si c’est un algorithme qui gouverne — toujours au nom de la sécurité —, si les techniques de gouvernement des vies sont de plus en plus envahissantes et omniprésentes, n’existe-t-il pas un risque qu’il n’y ait plus de justification rationnelle à un gouvernement qui ne connaît d’autres limites que celles fixées par la faisabilité de systèmes de contrôle toujours plus sophistiqués, et que l’obsession sécuritaire vire au cauchemar sans issue ?

Vendredi 12h-13h : La question de la complexité, entre épistémologie et ontologie

En partant notamment de la théorie des systèmes de Niklas Luhmann, nous tenterons de montrer comment le changement de paradigme inauguré par les théories de la complexité inaugure une nouvelle modalité de compréhension des relations entre épistémologie et ontologie. Le sujet transcendantal — c’est-à-dire le sujet appelé à articuler le fondement de la connaissance — ne disparaît pas, mais subit une métamorphose radicale : il se retrouve enchâssé dans le système qu’il décrit, et devient un observateur parmi d’autres. Dans ce contexte, la philosophie en tant que connaissance critique devient une interrogation sur la manière dont les différentes formes de connaissance amplifient ou réduisent la complexité, avec des résultats politiquement divers.

Mots-clés : systèmes complexes ; autopoïèse ; théorie des organisations ; théorie des systèmes sociaux ; épistémologie ; communication ; interdisciplinarité.

Biographie

Giovanni Leghissa est professeur au département de philosophie de l’université de Turin, membre du comité éditorial de la revue de philosophie “Aut Aut” et directeur de la revue Philosophy Kitchen. Après un doctorat de philosophie à l’université de Trieste, il a enseigné la philosophie à l’Université de Trieste, la Hochschule für Gestaltung de Karlsruhe, et l’Institut de Philosophie de l’Université de Vienne. Son travail porte notamment sur la philosophie des techniques, le post-humanisme et le néolibéralisme, l’épistémologie des sciences humaines, la philosophie interculturelle et les rapports entre modernité et religion. Il a publié de nombreux ouvrages dont :
L’evidenza impossibile. Saggio sull’immaginazione in Husserl (1999),
Il dio mortale. Ipotesi sulla religiosità moderna (2004),
Il gioco dell’identità. Differenza, alterità, rappresentazione (2005),
Incorporare l’antico. Filologia classica e invenzione della modernità (Mimesis, Milano 2007),
Neoliberalismo. Un’introduzione critica (Milano: Mimesis 2012), (avec Giandomenica Becchio)
The Origins of Neoliberalism (Routledge, London 2017),
Per la critica della ragione europea. Riflessioni sulla spiritualità illuminista (Mimesis, Milano 2019).
Il est l’éditeur en italien de travaux de Husserl, Derrida, Blumenberg, Overbeck, Tempels, Hall, de Certeau.